Viv Prince

Vivian Prince est né le 9 août 1941 à Loughborough, dans le Leicestershire. Fils d’un musicien de jazz, il fait ses débuts musicaux dès la fin des années 1950 en montant un groupe de skiffle dans son école. Il marche ensuite sur les traces de son père en jouant avec divers groupes de jazz locaux, comme les Brian Woolley Jazz Men, avant de rejoindre en 1961 les Dauphin Street Six, un combo d’Enfield, au Nord de Londres. C’est son premier engagement professionnel ; inutile de dire qu’il n’a jamais regretté d’avoir quitté son job de fonctionnaire des impôts à Loughborough.

Fin 1963, Prince passe brièvement dans les rangs de Carter-Lewis and the Southerners, où il côtoie un certain Jimmy Page. Il fonde tout aussi brièvement un groupe au Danemark, les Jazz Cardinals, qui connaît une fin prématurée lorsque Prince, faute de permis de travail, doit rentrer dare-dare au pays. C’est à ce moment-là, en mai 1964, qu’il rejoint les Pretty Things : leur maison de disques, Fontana Records, estime qu’ils ont besoin d’un batteur plus expérimenté que Viv Andrews.

Prince leur apporte certainement son expérience, mais aussi son impressionnante capacité à engendrer le chaos, alimentée par des quantités astronomiques d’alcool et d’amphétamines. Sa folie fait les gros titres des journaux et inspire toute une génération de batteurs, et notamment un certain Keith Moon. Mais pour les Pretty Things, elle devient rapidement un handicap plutôt qu’un atout : comment voulez-vous enregistrer quoi que ce soit quand votre batteur passe en studio quand ça lui chante ? Relayé tantôt par Twink, tantôt par Mitch Mitchell ou d’autres encore, Prince n’a pas l’air de s’en inquiéter : il est trop occupé à construire sa propre légende.

La situation atteint son paroxysme durant la mythique tournée des Pretty Things en Nouvelle-Zélande en août 1965. Complètement déchaîné, Prince se balade partout avec un homard mort en laisse et se fait éjecter de l’avion censé ramener le groupe au pays. Et ça continue encore après : une nuit au poste, une altercation avec un boxeur danois qui le laisse à moitié défiguré (c’est de là que provient la photo qui orne la compilation Unrepentant), les concerts et les séances d’enregistrement ratées s’accumulent. Pour les autres, la coupe est pleine : il est viré en novembre 1965 et remplacé par Skip Alan.

Prince reste actif dans les années qui suivent. En solo ou avec d’obscurs groupes (Bunch of Fives, Vamp, Kate…), il publie une série de 45 tours qui passent complètement inaperçus. Il gère un club à Soho, le Knuckles, et remplace même Keith Moon, malade, pour quelques concerts des Who en décembre 1965. Mais tout cela ne mène à rien. Aux dernières nouvelles, il était devenu éleveur de chiens dans une orangeraie au Portugal. Ses anciens camarades lui ont rendu hommage sur l’album Rage Before Beauty (1999) avec une chanson simplement intitulée Vivian Prince.

Viv Prince a une page Facebook plus ou moins officielle.

Discographie

  • The Pretty Things, The Pretty Things (1965)
  • The Pretty Things, Get the Picture? (1965)
  • Viv Prince, Light of the Charge Brigade / Minuet for Ringo (1966)
  • Bunch of Fives, I Go Home Baby / At the Station (1966)
  • The Chicago Line Blues Band, Shimmy Shimmy Ko Ko Bop / Jump Back (1966)
  • Denny Laine’s String Band, Say You Don’t Mind / Ask the People (1967)
  • McGough & McGear, McGough & McGear (1968)
  • Denny Laine’s String Band, Too Much in Love / Catherine’s Wheel (1968)
  • Vamp, Floatin’ / Thinkin’ Too Much (1968)
  • Vamp, Green Pea / Wake Up and Tell Me (1969, inédit)
  • Kate, Shout It / Sweet Little Thing (1969)
  • Twink, Think Pink (1970)

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