Wally Waller

Alan  « Wally » Waller est né le 9 avril 1944 à Barnehurst, dans le Kent, et passe son enfance à Erith, à quelques kilomètres de là. C’est dans cette ville qu’il fait la connaissance de Phil May, qui emménage dans la maison d’en face vers la fin des années 1940. Les deux enfants deviennent rapidement les meilleurs amis du monde, jusqu’à ce que la vie les sépare quelques années plus tard.

Comme tant d’autres musiciens débutants du début des années 1960, Waller se fait les dents dans plusieurs petits groupes de beat et de rhythm ‘n’ blues. L’un d’eux, Bern Elliott & the Fenmen, se taille une solide réputation dans la région avant d’aller jouer à Hambourg, sur les traces des Beatles. Pour Waller, qui tient la guitare rythmique, ce départ pour l’Allemagne marque un moment décisif dans sa vie, puisqu’il signifie l’abandon d’une carrière potentielle d’électricien au London Electricity Board.

Les Fenmen signent chez Decca en 1963 et leur premier 45 tours, une reprise de Money (That’s What I Want), se classe dans le Top 20 britannique, une sacrée performance quand on connaît le nombre de reprises de cette chanson qui circulaient à l’époque ! Des rêves de carrière solo plein la tête, Elliott abandonne les Fenmen l’année suivante. Ces derniers ne se découragent pas et poursuivent l’aventure à quatre, avec des chansons bourrées d’harmonies vocales très influencées par les Beach Boys. Une composition de Waller, Rejected, a les honneurs d’une face A de 45 tours en 1966. Mais le succès n’est plus au rendez-vous.

Wally Waller et Phil May se retrouvent début 1967. Leur amitié ne tarde pas à renaître, et ils écrivent leur première chanson ensemble : The Sun. À ce moment-là, leurs deux groupes sont dans une situation délicate : les Fenmen sont au bout du rouleau, tandis que les Pretty Things viennent de perdre leur bassiste, John Stax, et leur guitariste rythmique, Brian Pendleton. Dans ces conditions, que May propose à Waller de rejoindre les Pretty Things n’a rien de surprenant. Ce qui l’est peut-être davantage, c’est que Waller insiste pour que son camarade des Fenmen Jon Povey soit invité lui aussi. Les Pretties restent donc un quintette, avec Waller à la basse et Povey aux claviers.

L’arrivée des deux Fenmen coïncide avec un profond bouleversement dans le son des Pretty Things. Les nouveaux venus apportent leur passion pour le chant en harmonie, et le jeu de basse très particulier de Waller enrichit autant les chansons que l’intégration d’un claviériste à temps plein. Cette évolution débute avec Emotions (1967) et s’épanouit avec S.F. Sorrow (1968) et Parachute (1970). Ce dernier est presque entièrement co-écrit par May et Waller, qui assure le chant principal sur plusieurs chansons.

Lorsque les Pretty Things se séparent, en juillet 1971, Wally Allen commence à travailler dans la production chez EMI, sur l’invitation de Norman « Hurricane » Smith, le producteur de S.F. Sorrow et Parachute. Dans les années qui suivent, il travaille avec des groupes comme Barclay James Harvest (et John Lees en solo), Marcus Hook Roll Band (un projet des frères Young, les ex-Easybeats) ou Fogg, mais aussi les Pretty Things : il produit Freeway Madness (1972) et y chante la ballade Over the Moon, coécrite avec Phil May. Pour produire ce disque chez Warner alors qu’il est employé par EMI, il se cache sous le pseudonyme d’« Asa Jones ».

Après avoir retrouvé Phil May au sein des Fallen Angels, Wally Waller est de la réunion des Pretty Things en 1978 qui débouche sur l’album Cross Talk (1980). Il enregistre également une paire d’albums en solo pour DeWolfe Music. Plus discret dans les années 1980, il retrouve ses anciens camarades en 1994 pour la résurrection des Pretty Things, avec le S.F. Sorrow à Abbey Road et l’album Rage Before Beauty (1999). Jon Povey et lui prennent leurs distances vis-à-vis du groupe après la sortie de Balboa Island pour se consacrer à d’autres projets, notamment Sunstroke (2009), un CD qui reprend des enregistrements de 1963-1966 des Fenmen avec quelques nouvelles chansons.

Wally Waller est plutôt actif sur Facebook, où il maintient la page des Bexley Brothers.

Discographie

  • Bern Elliott & the Fenmen, Money / Nobody but Me (1963)
  • Bern Elliott & the Fenmen, Bern Elliott & The Fenmen EP (1963)
  • Bern Elliott & the Fenmen, New Orleans / Everybody Needs a Little Love (1964)
  • The Fenmen, Be My Girl / Rag Doll (1964)
  • Lorraine Child, You / Not This Time (1964) — face B écrite par Wally Waller
  • The Fenmen, I’ve Got Everything You Need Babe / Every Little Day Now (1965)
  • The Fenmen, California Dreamin’ / Is That Your Way ‎(1966)
  • The Fenmen, Rejected / Girl Don’t Bring Me Down ‎(1966)
  • The Pretty Things, Emotions (1967)
  • Electric Banana, Electric Banana (1967)
  • The Pretty Things, S.F. Sorrow (1968)
  • Electric Banana, More Electric Banana (1968)
  • Electric Banana, Even More Electric Banana (1969)
  • The Pretty Things, Parachute (1970)
  • Twink, Think Pink (1970) — piano
  • Curtiss Mason, Monkberry Moon Delight / Lot of Lovin’ (1971) — face B écrite par Wally Waller
  • Barclay James Harvest, And Other Short Stories (1971) — production
  • The Pretty Things, Freeway Madness (1972) — production, chant
  • Sunshine, Sunshine (1972) — production
  • Marcus Hook Roll Band, Natural Man / Boogalooing Is for Wooing (1972) — production, face B écrite par Wally Waller
  • Marcus Hook Roll Band, Louisiana Lady / Hoochie Coochie Har Kau (Lee Ho’s Blues) (1973) — production, face B écrite par Wally Waller
  • Marcus Hook Roll Band, Tales of Old Grand-Daddy (1973) — production
  • Listen, Astral Boogie / All Your Rock And Roll Is Dead (1973) — production
  • Eli Culbertson, I Need Your Love Tonight / Boogie Queen (1974) — production
  • Fogg, Water in My Wine / Just Like Me (1974) — production
  • Fogg, Wind It Up / Northern Song (1974) — production
  • Fogg, Captain Moonshine / Horrible Hannah (1974) — production
  • Fogg, Dancin’ to the Music / Scrapbook (1975) — production
  • Il Barritz, Il Barritz (1975) — production, basse, guitare, chœurs
  • Fogg, This Is It (1976) — production
  • John Lees, A Major Fancy (1977) — production
  • Nino Ferrer, Véritables variétés verdâtres (1977) — basse
  • Phil May & the Fallen Angels, Phil May & the Fallen Angels (1978)
  • Wally Waller Band, Do It (1978)
  • The Pretty Things, Cross Talk (1980)
  • Charlie Flake Band, I Don’t Feel Well (1981)
  • The Pretty Things, Rage Before Beauty (1999)
  • The Pretty Things, Balboa Island (2007)
  • The Pretty Things, Philippe DeBarge (2009)
  • The Fenmen, Sunstroke (2010)
  • xPT’s, Parachute Reborn ‎(2012)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *