Rage Before Beauty (1999)

Pochette de l'album Rage Before Beauty.

Rage Before Beauty est le dixième album studio des Pretty Things, sorti le 8 mars 1999.

Pour un disque dont l’enregistrement s’est étalé sur deux décennies, force est de constater qu’il se tient pas trop mal, même si on sent quelques différences en termes de qualité d’enregistrement et de choix instrumentaux d’un titre sur l’autre. Frank Holland et Mark St. John viennent épauler un groupe qui en avait bien besoin, et le résultat est loin d’être honteux.

Cross Talk (1980)

Pochette de l'album Cross Talk.

Cross Talk est le neuvième album studio des Pretty Things, sorti en octobre 1980 chez Warner Bros. Records.

La page Swan Song est définitivement tournée : on retrouve la formation de la grande époque avec les retours de Dick Taylor et Wally Waller. Peter Tolson est toujours là, et c’est donc un sextette qui enregistre ce disque en février-mars 1980 aux studios Matrix de Londres.

Les Pretty Things laissent les excès des années 1970 derrière eux sur ces chansons aux forts accents de punk et de new wave, bien dans l’air du temps. Ce n’est pas un hasard si la dernière s’appelle No Future… d’autant que pour les Pretties, ce sera effectivement le cas : l’album est coulé par le grand n’importe quoi généralisé de la part de la Warner (les premiers pressages de l’album ont deux faces A et pas de face B…) et le groupe éclate dans l’année qui suit, sans avoir pu donner la pleine mesure de ses capacités. Un nouveau chapitre dans la désastreuse histoire des jolies choses.

The Pretty Things (1965)

Pochette de l'album The Pretty Things.

The Pretty Things est le premier album studio des Pretty Things. Il est sorti le 12 mars 1965 au Royaume-Uni chez Fontana Records.

Pas de mystère, les fées qui se sont penchées sur le berceau des Pretties avaient pour nom Bo Diddley et Chuck Berry ; la première leur a même offert leur nom de baptême. Quelques-unes des chansons ici présentes continuent à les accompagner sur scène un demi-siècle plus tard, des inusables comme Roadrunner et Mama, Keep Your Big Mouth Shut qui font toujours leur petit effet sur le public.

L’album aurait dû être produit par Jack Baverstock, le responsable A&R de Fontana, mais il a jeté l’éponge au bout d’une demi-heure en s’écriant : « Pas question que je reste avec cette bande d’animaux ! » Il faut dire qu’il avait suffi de trente minutes pour que Viv Prince vomisse sur sa batterie avant de s’effondrer par terre – à deux reprises… C’est Bobby Graham qui prend le relais. Batteur de session expérimenté, il n’a pas peur de laisser les Things jouer à fond la caisse, et il en faut davantage pour l’effrayer qu’un Viv Prince qui s’écroule derrière ses fûts.

Get the Picture? (1965)

Pochette de l'album Get the Picture?

Get the Picture? est le deuxième album studio des Pretty Things, sorti en décembre 1965 chez Fontana Records.

Deux albums en un an ! C’est courant à l’époque, certes. Mais celui-ci marque un franc progrès par rapport au précédent : un peu moins de reprises blues, un peu plus de chansons originales, un son un peu plus varié, de la hargne punkoïde de la chanson-titre au folk de London Town au proto-psychédélisme de Can’t Stand the Pain. Reste que les meilleures chansons du groupe sont à l’époque sur les 45 tours, qu’il s’agisse de la subtilement titrée £.s.d. (puisqu’ils vous disent que ça parle de l’ancien système monétaire britannique en livres, shillings et pence…) ou de la déferlante de fuzz de Come See Me.

Emotions (1967)

Emotions est le troisième album studio des Pretty Things, sorti en avril 1967 chez Fontana Records.

En perte de vitesse commerciale, le groupe n’est pas en position de force vis-à-vis de sa maison de disques et doit accepter de voir ses chansons couvertes d’arrangements orchestraux plus ou moins heureux. Ce n’est pas ça qui inversera les courbes de ventes, et les Pretties auront tôt fait de renier ce vilain petit canard et d’accueillir avec soulagement la fin de leur contrat avec Fontana.

Un disque mal-aimé par ses propres créateurs, donc, mais sa réputation le fait bien plus mauvais qu’il ne l’est réellement. Les premières compositions du duo May-Waller valent le coup d’oreille, en particulier le fragile bijou qu’est The Sun.

S. F. Sorrow (1968)

Pochette de l'album S. F. Sorrow

S. F. Sorrow est le quatrième album studio des Pretty Things, sorti en 1968 chez Columbia Records.

Et s’ils restent dans l’histoire, ça sera sûrement grâce à lui. S’agit-il ou non du premier opéra rock ? La question n’a pas grande importance, l’idée était dans l’air du temps et plusieurs groupes ont eu le nez assez creux pour s’y intéresser. Les Pretties ont simplement joué de malchance sur le sol américain, où le Tommy des Who, sorti en premier et mieux vendu par sa maison de disques, a raflé tous les honneurs. Heureusement, le temps a quelque peu réparé cette injustice, et S. F. Sorrow a dorénavant une place bien assurée dans la discothèque de n’importe quel fan de rock ’60s qui se respecte.

Defecting Grey vous propose une traduction en français de l’histoire de S. F. Sorrow.

Parachute (1970)

Pochette de l'album Parachute.

Parachute est le cinquième album studio des Pretty Things. Il est sorti en 1970.

Historique

Le départ de Dick Taylor, déçu par l’échec commercial de S.F. Sorrow, est un coup dur pour le groupe, mais l’aventure continue avec un nouveau guitariste, Victor Unitt, fraîchement débarqué de l’Edgar Broughton Band, et le retour de Skip Alan à la batterie.

Après une petite escapade financée par le play-boy français Philippe Debarge, le groupe retourne aux studios Abbey Road en septembre 1969, toujours sous la houlette de Norman Smith. Les chansons ont vu le jour dans la maison que partagent Phil May et Wally Waller à Westbourne Terrace, dans le quartier londonien de Bayswater. Les deux amis, plus proches que jamais professionnellement depuis le départ de Taylor, écrivent ensemble toute une série de vignettes fondées sur le contraste entre la vie urbaine, froide, étrange et menaçante, et l’utopie promise par un incertain retour à la nature : un thème dans l’air du temps. Le travail à Abbey Road s’appuie sur les démos enregistrées à Westbourne Terrace par le duo sur un magnétophone Revox. Smith choisit les meilleures, qui sont ensuite développées avec l’aide des autres membres du groupe. Les démos des chansons de la face 1 du disque ont été publiées en 2015 dans le coffret Bouquets from a Cloudy Sky.

Que signifie le titre de l’album ? D’après Waller :

« Le parachute, c’est la dernière forme d’échappatoire, mais ce n’est pas forcément la bonne réponse. Tu n’es pas en sécurité juste parce que tu as un parachute. Il peut se passer pas mal de choses pendant la descente. »

Ou, en résumé, selon Phil May :

« Le parachute n’est pas la réponse à tout, parce que cet enfoiré ne va peut-être pas s’ouvrir. »

Des propos qui peuvent hélas s’appliquer au disque lui-même. À sa sortie, en juin 1970, Parachute reçoit des critiques dithyrambiques, même si, contrairement à ce qu’on peut lire un peu partout, il n’est pas élu « album de l’année » par le magazine Rolling Stone. En revanche, les ventes ne suivent pas et le disque ne fait qu’un passage éclair dans le milieu des charts britanniques. Le marché américain reste obstinément indifférent aux Pretties, qui n’ont plus que quelques mois et quelques 45 tours à vivre.

Freeway Madness (1972)

Pochette de Freeway Madness.

Freeway Madness est le sixième album studio des Pretty Things, sorti en décembre 1972.

Savage Eye (1975)

Pochette de l'album Savage Eye.

Savage Eye est le huitième album studio des Pretty Things. Il est sorti en décembre 1975.

Trop de drogues, trop d’engueulades, c’est un groupe en pilote automatique, dont l’identité même semble menacée (Phil May se fait bien discret…) qui enregistre ce disque. Ce n’est guère surprenant qu’il marque la fin de l’aventure Swan Song. Mais qui sommes-nous pour les juger ? Comme ils le disent eux-mêmes :

« and if you lack the understanding of my actions, turn not on me the savage eye »

Historique

Grâce au soutien de Led Zeppelin et Peter Grant, les Pretty Things ont enfin percé sur le marché américain avec Silk Torpedo. Ce n’est pas le succès du siècle, certes : il ne se classe que dans la deuxième moitié du Billboard 200, et aucun des singles qui n’en est tiré ne pointe son nez dans les charts. Néanmoins, le public est au rendez-vous lors des nombreux concerts que le groupe donne aux États-Unis et la pression est forte pour le prochain album.

C’est donc dans les périodes de creux entre deux tournées que les six Pretty Things retournent aux studios Olympic pour enregistrer Savage Eye. Norman Smith est toujours aux manettes, mais le feu couve. Les six musiciens sont fatigués par l’année pleine d’excès qui vient de s’écouler et la cocaïne est devenue la meilleure amie de plusieurs d’entre eux. La tension est palpable sur le disque entre un Phil May très en retrait, voire carrément absent sur plusieurs chansons, et un Gordon Edwards dont les ambitions s’affichent clairement. Même si sa relation de travail fructueuse avec Peter Tolson persiste, May a l’impression de voir l’âme du groupe originel disparaître, et pour lui qui en est le dernier dépositaire, c’est une sensation très déplaisante. En bon professionnel, il se donne encore à fond, mais le cœur n’y est plus vraiment.

À sa sortie, Savage Eye reçoit un accueil semblable à celui de Silk Torpedo de la part de la critique et du grand public, mais pas vraiment meilleur. Les singles qui sont censés le promouvoir coulent sans laisser de traces, et des problèmes d’organisation pourrissent la nouvelle tournée de promotion américaine. Phil May n’en peut plus. Un soir de juin, alors que le groupe doit jouer à Wembley, il est introuvable et les cinq autres, pris au dépourvu, doivent se produire sans lui. Le départ du dernier membre fondateur des Pretty Things est acté peu après. Son groupe ne lui survivra guère.

Silk Torpedo (1974)

Pochette de l'album Silk Torpedo.

Silk Torpedo est le septième album studio des Pretty Things. Il est sorti en 1974 chez Swan Song Records.

C’est le premier disque du groupe pour la maison de disque mise sur pied par Led Zeppelin. C’est un gros coup de pouce que d’avoir la bande à Jimmy Page avec soi, et ça leur permet de percer enfin sur le marché américain.